Je te vois toi pour qui, à chaque fête des mères,
Tout ressemble à Paris en hiver
Toi qui crains ces jours où le bonheur est dans l'air
Parce que coulent sur tes joues des rivières
Quand tu vois que tout autour la vie danse et bourgeonne
Mais dans ton ventre à toi il y a personne
Je te sais car moi-même j'ai connu cette errance
De la liesse qui te ramène à l'absence
Quand j'entendais les rires dans les jardins des autres
Fleurir leurs souvenirs
Moi pour combler le manque seule assise à ma porte
J'écoutais le son du vent
Et de Mistral Gagnant
Je te sais toi ma sœur qui hier a fait naître
Dans le sang et la sueur un petit être
Que tu berces et tu portes sans que jamais ne plie
Tout ton corps qui n'en dort pas la nuit
Je connais tes angoisses je les ai eues aussi
Quand ton esprit ressasse et s'épuise
À se demander sans cesse s'il y en a qui font mieux
Et pourquoi tu te sens si seule à deux
On aura beau te dire que promis que tout passe
Et même un peu trop vite
T'aimerais juste un moment qu'on t'offre un peu l'espace
D'écouter le son du vent
Et de Mistral Gagnant
Je te vois toi la mère qui lentement vieillit seule
Et qui guette et espère sur le seuil
Comme les enfants sont loin, ils n'ont plus trop le temps
De venir te tenir la main comme avant
Je pense aussi à celles qui se demanderont dimanche
À quoi jouent dans le ciel leurs petits anges
Et aux mamans qui vivent au milieu des étoiles
Et qui laissent une chaise vide à la table
Je pense aux cœurs abîmés que les moments de fête
Semblent avoir oubliés
Qui pour combler le silence le soir à leur fenêtre
Écoutent le son du vent
Et de Mistral Gagnant
On est toutes seules ensemble
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