Faut-il passer par les Coureaux de Groix
Longer les remparts de Port Louis
Laisser Gâvres à tribord
Remonter au près serré
S’offrir un passage, pénétrer, dans cette ria, ce fjord, cet aber, cet estuaire, cette petite mer
Vivre cet univers
Faut-il s’arrêter à Locmalo pendant le marché nocturne
Se fondre à la foule, s’arrêter aux Brasses du Bengale ou à la Peau, la Peau de l’Ours
Écouter ces chants de la rade, et des Ramoneurs de Menhirs, puis à deux heures du matin
Un peu enivré au fil de l’eau, seul,
Laisser monter cette étrange mélancolie, et s’arrêter
S’envahir de poésie, écrire, chercher l’ouverture du poème qui deviendra la clé de ce fragile moment
La liquidation du monde se poursuit dit René Char,
Lâcher prise,
Faut-il longer la côte rouge et se retrouver sur le quai de Stervin, prendre un pot au bistrot du Cornock
Ces pêcheurs à pieds ou à petites barques, attendent impatiemment les marrés d’équinoxe.
Reviendront-ils plusieurs fois par jour observer le flux et le flux reflux,
Le Chal ha Dichal
Échanger du temps qui passe
Une belle population racle, creuse, cherche palourdes, huîtres et berniques
D’autres burinés montrent leurs morgates en jetant cette encre indélébile sur le quai,
Entourés d’enfants interrogateurs.
Faut-il aller jusqu’aux Salles, longer ce bras de petite mer
Regarder chaque embarcation, chaque rafiot, imaginer chaque histoire particulière
Puis Kerner, ancien village de pêcheur, bâtit autour de la Chapelle de la Trinité.
Marcher dans les rues, les mêmes venelles que l’on trouve sur les îles de Groix ou d’Ouessant.
Aller jusqu’à la maison du patrimoine, passer devant l’île aux Pins, se reposer dans ce lieu où Germaine Tillion venait se ressourcer.
Germaine Tillion cette dame d’intelligence et de cœur.
Il faudra s’arrêter à marée haute à Kerfaute, un soir d’été, s’y baigner peut-être.
Puis faire un grand saut, jusqu’au bout de la presqu’île.
Marcher sur cette route entre mer et océan, ce tombolo.
Passer près des anciens marais salants, et regarder les aigrettes, les fous de bassans, le héron cendré.
Puis nous irons voir les mangeurs d’oreilles, ces immenses humains que l’on croise au bar des sables ou sur les quais.
Ils nous offriront un verre de cidre, et nous parlerons de leurs pêches hauturières.
Nous prendrons un thé au comptoir Gâvrais, Françoise nous conseillera un livre de poésie, un roman.
Je commencerai brièvement à lire sur le trait d’union, la navette entre Gâvres et Port Louis, Usage du monde de Nicolas Bouvier.
Puis me perdre à nouveau dans cette autre presqu’île,
Pour me perdre à nouveau dans cette autre presqu’île.
Paroles2Chansons dispose d’un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)