À peine le temps de quelques rimes et les années vertes ont fui
On est moins robustes qu'avant, du coup les fantômes s'empilent
J'y pense souvent, tu sais, j'espère que tout va bien
J'vous imagine flottants même si je sais qu'au fond y'a rien
Enfin une nuit entière dans la cendre ou dans la terre
Même si je sais que ceux qui restent manqueront d'un père, d'un frère
D'une voix ou d'un visage et d'une mémoire à poursuivre
Se dire que, chaque matin, le miracle raccourcit
On s'érode parmi le monde, on se recherche, on se dit :
"Combien de fois cette foutue bombe a recraché son flux de vie ?"
On a aimé, sûrement mal, c'est ainsi
Une disparition, au fond, n'est pas rupture, c'est un fil
C'est un signe, c'est un prisme
Tout converge vers l'instant présent, c'est un truisme, c'est un chiisme
Je fixe l'autre dans le miroir
Il a blanchi et porte des cernes sous le regard
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